Dans l’abîme du temps
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Les bandes molletières

mercredi 25 février 2009, par Agarwaën

  Sommaire  

 L’objet

Les bandes molletières sont un élément récurrent du costume carolingien, et de façon plus générale du costume germanique, puisqu’on le retrouve chez les mérovingiens, les anglo-saxons, les vikings ou les normands, du Vème au XIème siècle. Chez les francs carolingiens, leur usage est attesté tant par les écrits de contemporains tels qu’Eginhard ou Notker, que par l’iconographie. Ces bandes de lainage, également nommés winingas, sont enroulées en spirale autour de la cheville et du mollet, puis fixées de plusieurs manières.

Fonction

Si leur rôle exact reste flou, on peut conjecturer les éléments suivants, qui restent à valider :

  • Leur port est bon pour la circulation sanguine à condition d’être correctement enroulé, atténuant le phénomène de « jambes lourdes » : ceci n’est pas sans intérêt pour un soldat en campagne.
  • Peut-être un rôle de protection des jambes en terrain difficile, à une époque où la campagne n’est pas encore intégralement défrichée par l’homme ?
  • Sans doute également un rôle d’isolation : indubitablement, ça tient chaud !
  • Il est possible que du rôle de vêtement utilitaire, les bandes molletières soient devenues un marqueur social, porté par les hommes libres d’origine franque.

Quoiqu’il en soit, l’iconographie carolingienne nous montre ce vêtement porté tant par des aristocrates, y compris le roi ou l’empereur, que par des soldats ou des travailleurs en extérieur.

Composition

Les découvertes archéologiques de fragments de winingas en Europe du Nord nous permettent de nous faire une idée plus précise du sujet [1] : les bandes sont larges de 7 à 10 centimètres, tissées en laine à cette largeur, suivant une armure sergée en chevron, avec des couleurs alternées ou non. Rares sont les exemplaires intacts à nous être parvenus, ce qui permet difficilement d’en apprécier la longueur ; toutefois, les bandes trouvées à Bernuthsfeld font respectivement 3m70 et 2m92.

Port

Les bandes sont enroulées autour de la jambe et des braies, soit en partant de sous le pied, soit en commençant autour de la cheville. La bande recouvre ensuite la jambe jusqu’en haut du mollet, où elle est fixée. Il est possible de la fixer par la pression du tissu en glissant l’extrémité sous le tour précédent (entre la jambe et la bande), en faisant un nœud, ou grâce à de petits crochets de bronze cousus à l’extrémité de la bande.

Notes

[1] Cf. l’article de Peter Beatson : Wickelbander

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